La peste la quitte-t-elle jamais ?

Tout paraît disposé pour l’entretenir confortablement. Elle peut s’installer à son aise sur les toits, grimper le long du chéneau jusque sur la terrasse, monter de l’évier à la vérandah et de là jusqu’à l’étage le plus élevé.

Mais Calcutta dit que tout est pour le mieux, et invoque des chiffres pour le prouver.

En même temps, elle convient qu’une coupure dans la chair saine ne s’y guérit pas facilement.

On peut se dispenser de chercher d’autres preuves.

Voici qu’arrive à travers Park Street, et en route pour le Maidân, un flot de broughams, de bogheys proprets, de gigs les plus légers possible, de brownberries, de victorias étincelantes, et une pincée de vrais hansom-cabs.

Dans les broughams se trouvent des hommes en chapeau haut de forme. Dans les autres véhicules, des jeunes gens, tous presque pareils, tous en tenue absolument irréprochable.

Un nouveau flot, venu de Chowringhi, se joint au détachement de Park-Street et tous deux roulent ensemble à travers le Maidân, vers le quartier des affaires.

C’est ainsi qu’à Calcutta on se rend à son bureau, les fonctionnaires civils dans les bâtiments du Gouvernement, les jeunes gens à leurs maisons de commerce, à leurs magasins, à leurs quais.

C’est là qu’on voit que Calcutta a la meilleure voie d’évitement qu’il y ait dans l’Empire.