Chevaux et voitures sont également propres à exciter l’envie par leur perfection, et remarquez ce détail : c’est la pierre de touche de la civilisation, les lanternes sont dans leurs montures.
Ici le cheval du pays est un animal rare. Sa place est prise par le gallois, et le gallois, quoique canaille au fond de l’âme, peut être dressé de façon à avoir l’air d’un gentleman.
Il paraît inconvenant de remarquer trop élogieusement le brillant des harnais, le vernis irréprochable des panneaux et les livrées des saïs.
Tout cela fait bonne figure sur les routes de belle apparence extérieure dans l’ombre des Palais.
Combien de catégories de la société complexe de cette contrée trouve-t-on dans les voitures ?
En premier lieu, le fonctionnaire civil du Bengale qui se rend aux Bureaux des Scribes, travaille dans un bureau absolument irréprochable, et parle d’un ton détaché, « d’envoyer les choses aux Indes », ce qui signifie simplement qu’il en réfère sur les affaires au Gouvernement Suprême.
C’est un grand personnage, et il a la bouche pleine de propos de sa boutique : « avancement, nomination ».
Généralement, quand on parle de lui, c’est en disant : « Un homme qui s’élève. » On dirait que Calcutta est plein d’hommes qui s’élèvent.
En second lieu, c’est l’homme du Gouvernement de l’Inde qui, figure bien connue à Simla, loue un rez-de-chaussée quand il n’est pas dans les Collines, et se montre raisonnable sur le sujet des inconvénients de Calcutta.
En troisième lieu, c’est l’homme des maisons de commerce, le personnage franchement non-officiel qui se bat sous le drapeau d’une des grandes maisons de la ville, ou bien pour son propre compte dans un bureau bien tenu, ou parcourt à toute la vitesse de son brougham Clive-Street pour jouer « sa partie d’associé » ou quelque chose de ce genre.