Une fois, avant mon départ, je grimpai jusqu’à la station civile de Hong-Kong d’où l’on domine la ville.
Là, dans de somptueuses villas bâties en pierre et ayant leur façade sur des routes ombragées, dans un vrai paradis de fleurs magnifiques et dans un silence absolu que ne troublent pas même les bruits du trafic d’en bas, les résidents font de leur mieux pour copier l’existence d’une station indienne des Collines.
Ils s’en tirent mieux que nous.
Autour du kiosque à musique, on voit les dames vêtues de costumes assortis. Chaussures, gants, parapluies leur arrivent d’Angleterre avec les toilettes, et toute memsahib sait ce que cela veut dire.
La routine de leur vie est fort analogue.
Sur un point, elles ont l’avantage sur les dames des Indes.
Les dames de Hong-Kong ont un club à elles, dans lequel les hommes ne sont, je crois, admis que par tolérance.
Quand il y a un bal, il y a environ vingt danseurs pour une danseuse, et il n’y a, pour ainsi dire, pas de vieilles filles dans l’île.
Les habitants se plaignent d’être isolés, renfermés. Ils contemplent la mer au loin, et il leur tarde de s’en aller. Ils ont leurs jours à des jours réguliers chaque semaine, et en dehors de cela ils se rencontrent autant qu’ils veulent.
Ils ont des acteurs amateurs, et ils se querellent, et les hommes et les femmes prennent parti, et la station est divisée en deux camps du haut en bas de l’échelle sociale.