— Ceci, j’en conviens, c’est un plan artificiel pour remplacer l’unité naturelle, l’individu.

L’orateur est un indigène, de construction légère et maigre, coiffé d’un chapeau-turban plat, et vêtu d’un habit noir en alpaga.

Des pieds à la tête, il a une tournure de scribe. Avec son sourire invariable et ses gestes réglés, il rappelle des souvenirs de tribunaux du haut pays.

Il n’hésite jamais, n’est jamais embarrassé pour trouver ses mots, et jamais il ne se répète dans une même phrase.

Il parle, parle, parle, d’une voix égale, qui s’élève de temps en temps d’un demi-octave, quand il s’agit d’un argument à faire entrer.

Certaines de ses périodes ont l’air de vieilles connaissances.

En voici, par exemple, une qui pourrait provenir du Mirror :

— Voilà pour le principe. Examinons maintenant jusqu’à quel point il est confirmé par les précédents.

Ceci est de fâcheux augure : lorsqu’un indigène loquace se lance dans les « principes » et dans les « précédents », il y a des chances pour qu’il marche un bon bout de temps.

Et puis, où est-il, le criminel, et que signifient tous ces propos sur des abstractions ?