C’est un vaste et bel édifice, construit dans un style orientalisé d’après l’italien, à l’angle de Fairlie Place, sur la grande route du rivage.
La clameur continuelle du trafic par terre et par eau bat tout le jour et jusqu’à une heure avancée de la nuit contre les fenêtres.
Voilà un endroit où l’on doit entrer avec plus de respect qu’au Conseil législatif du Bengale, car on y exerce le contrôle sur l’incertain Hughli jusqu’aux pointes de sable en aval.
On y possède une richesse énorme.
On dépense des sommes fabuleuses à encaisser de murs les bords du fleuve, à prolonger les jetées, à créer des docks qui coûteront deux cents lakhs de roupies.
Deux millions de tonnes de fret maritime remontent et descendent chaque année le fleuve sous la direction du Bureau du Port, et les gens du Bureau du Port en savent plus qu’il ne convient à des hommes de mettre dans leur tête.
Ils sont en état de donner, sans consulter les bulletins télégraphiques, la position de tous les grands steamers qui montent ou descendent, depuis l’Hughli jusqu’à la mer, et cela jour par jour, avec leur tonnage, le nom de leur capitaine et la nature de leur chargement.
Lorsqu’ils regardent de la vérandah de leur bureau ces mâts qui font l’effet d’un régiment de lanciers, ils sont capables d’indiquer sans se tromper le nom de chaque navire qui se trouve dans leur champ visuel, ainsi que le jour et l’heure de son départ.
Dans une pièce à l’arrière de l’édifice, flânent de gros hommes, habillés avec soin.
Voici maintenant le type de figure qui appartient presque exclusivement aux officiers de cavalerie du Bengale majors au choix.