Tout cet emplacement est admirablement disposé pour les pestes et les incendies et il fait grand honneur à la Municipalité de Calcutta.

— Qu’arrive-t-il lorsque ces souilles à cochons prennent feu ?

— On les rebâtit, répond le Policier comme si c’était dans l’ordre naturel des choses. Le terrain est hors de prix ici.

Raison de plus, alors, pour lâcher sur la Cité un certain nombre d’Haussmanns, ayant pour instructions de construire des casernes pour la population qui n’arrive pas à trouver place dans les huttes, et qui dort en pleine rue, en tenant sur son sein jamais lavé des chiens et des animaux pires, bien pires.

— Voici un café qui a une licence. C’est là que vos domestiques vont s’amuser et goûter les joies du beuglant.

C’est un vaste hangar au toit de chaume, ingénieusement orné de lampes à essence assujetties d’une façon peu rassurante, et bondé de cochers, de cuisiniers, de petits boutiquiers et gens de même sorte.

Jamais trace d’Européen.

Pourquoi ?

— Parce qu’un Anglais qui s’y hasarderait, risquerait sa peau. On ne vient ici que quand on est ivre ou qu’on s’est égaré.

Les cochers de fiacre, ils ont le droit de voter, n’est-ce pas ? ont l’air assez tranquille, accroupis sur des tables ou entassés près des portes pour guigner de l’œil le beuglant.