Une voix, partant du sol, dit avec une expression d’infinie lassitude :
— Vous prenez de l’afim comme ceci.
Puis un long, un long silence, et autre coup de pied donné par l’homme possédé du diable, de l’ichneumon.
— Vous prenez de l’afim.
Il prend au bout d’une aiguille à tricoter une petite boule de la substance noire, poisseuse.
— Et vous allumez l’afim.
Il plonge la petite boule dans la lumière qui fait la nuit, et elle s’y gonfle en fumant comme de la graisse.
— Et puis vous la mettez sur votre pipe.
La petite boule fumante est enfoncée dans le fourreau étroit de la pipe à gros tuyau de bambou, et tout le monde se tait, excepté l’ichneumon qui persiste à jacasser d’une voix qui n’a rien de terrestre.
L’homme étendu à terre suce sa pipe, et quand la petite boule aura fini de fumer, il sera à mi-chemin du Nibban[7].