Cette puanteur est intermittente.

On peut avaler sans inconvénient six gorgées d’un air relativement pur. Puis à la septième vague l’estomac, qui n’a pas subi d’entraînement, se soulève.

Quand on habite Calcutta assez longtemps, on finit par s’y habituer.

Les résidents réguliers avouent bien l’existence du fléau, mais voici leur réponse.

— Attendez que le vent ait desséché les marais salés où aboutit le système d’égouts, et alors vous m’en parlerez.

Voilà comment ils se défendent ! Rien d’étonnant à ce qu’ils regardent Calcutta comme un séjour qui convient parfaitement à un vice-Roi permanent.

Des Anglais, qui sont capables d’atténuer une honte par une autre, sont gens à demander n’importe quoi et à compter qu’ils l’obtiendront.

Si une station des montagnes contenant trois mille hommes de troupes et une vingtaine de fonctionnaires civils possédait une propriété analogue à celle que possède Calcutta, le sous-commissaire ou le magistrat du cantonnement chasserait du bureau administratif tous les indigènes, ou les jetterait décemment d’un coup de pelle à l’arrière-plan, jusqu’à ce que l’inconvénient eût été supprimé.

Alors on leur permettrait de se remettre en avant, de parler tant qu’ils voudraient « d’oppression, d’arbitraire ».

Cette puanteur, pour un nez dépourvu de préjugés, ôte à Calcutta tout droit d’être une Cité des Rois.