Il est impossible d’assigner une source quelconque au fléau de Calcutta : c’est ténu, c’est écœurant, cela ne peut se décrire, mais les Américains qui habitent le Grand Hôtel d’Orient disent que cela rappelle l’odeur du Quartier Chinois à San Francisco.

Ce n’est certainement pas une odeur indienne.

On dirait de l’essence de pourriture qui aurait subi une seconde pourriture, — l’odeur gluante de la colle de pâte tournée au bleu.

Et nul moyen de la fuir !

Elle souffle à travers le Maidân ; elle pénètre par rafales dans les corridors du grand Hôtel d’Orient.

Ce qu’on se plaît à appeler « les Palais de Chowringhi », la promène.

Elle tournoie autour du Club du Bengale.

Les ruelles la déversent avec une intensité qui vous donne la nausée et la brise matinale en est chargée.

On la trouve, cette odeur, en dépit de la fumée des machines, à la Gare de Howrah.

Elle semble empirer dans les petites ruelles de derrière Lal-Bazar, où se trouvent les boutiques à saouler, mais elle est presque aussi accentuée en face du palais du Gouvernement et dans les administrations publiques.