Alors une idée nettement canaille s’empare de l’esprit :

— Quel endroit divin ! Quel endroit céleste pour razzier !

Et elle cède la place à un démon bien pire encore, celui du conservatisme.

On en vient à se figurer que c’est non seulement une faute, mais un crime d’accorder aux indigènes le moindre accès à l’administration d’une Cité pareille, qui doit son embellissement, ses docks, ses quais, ses façades, son hygiène à des Anglais, qui n’existe que parce que l’Angleterre existe et dont l’existence dépend de l’Angleterre.

Toute l’Inde connaît la Municipalité de Calcutta.

Mais est-il un homme qui ait étudié à fond la Grande Puanteur de Calcutta ?

Elle est unique.

Bénarès est plus infect au point de vue de l’odeur concentrée, renfermée.

Il y a à Peshawar des puanteurs plus fortes que la grande Puanteur de Calcutta, mais au point de vue de la diffusion, de la faculté à faire pénétrer partout l’écœurement, la puanteur de Calcutta laisse bien loin et Bénarès et Peshawar.

Bombay masque ses infections sous un vernis d’assa fœtida et de tabac : Calcutta est au-dessus de toute ostentation.