D’abord, que la queue de cochon se compose de soie en grande proportion et graisse le creux de la main pendant qu’elle y glisse ; en second lieu, que l’avant-bras d’un Chinois est étonnamment musclé et développé.
— Qu’est-ce qu’on va faire ?
— Rien. Nous ne sommes que trois et les meneurs s’échapperaient. Nous nous sommes assurés d’eux de façon à les prendre quand nous voudrons, si cette petite visite ne leur donne pas l’idée de déménager… Hi John ! pas de prise cette nuit. Montrez-nous comment vous faites jouer. Celui qui nous a renseignés, c’est ce gros jeune homme.
La moitié des queues de cochon s’est sauvée dans l’obscurité, mais les autres, ayant reçu l’assurance, la triple assurance que ce soir la Police ne veut pas faire de capture, retournent autour de la table pendant que le croupier manipule les cauries, le petit râteau de bambou recourbé, et la soupière.
Ils ne jouent jamais aux jeux de hasard, ces innocents.
Ils sont seulement venus pour regarder et aller fumer l’opium dans la chambre voisine.
Toutefois, à mesure que la partie marche, leurs yeux s’allument l’un après l’autre, ils mettent de l’argent sur pair ou impair, le nombre de cauries qui se trouvent couvertes ou non couvertes par la petite soupière.
Cet amusement-là s’appelle Mythan, et quelle que soit sa gravité, il est propre.
La police regarde pendant qu’ils risquent la somme énorme de deux annas distribués par fractions sur une horreur peinte sur parchemin, — un des Struldbrugs de Swift, qui aurait perdu le chemin de Laputa[8].
[8] Voir les Voyages de Gulliver, 3e partie.