« L’expression dont il s’est servi dans sa troisième lettre était qu’il voulait « l’aborder », me dit à l’oreille mon compagnon. C’était fort curieux — une hallucination empruntée à la vie maritime, qui vient se heurter, pourrait-on dire, à une hallucination empruntée à la vie de la terre ferme. Dans quel monde merveilleux il doit évoluer — et évoluera avant la fin. Si jeune cependant — si jeune ! »
« Eh bien, voulez-vous que je vous le dise en bon anglais, le diable m’emporte si je vais me mettre à gâcher du plâtre pour vous faire plaisir. Vous pouvez mettre sur pied tous vos bataillons, aller devant la chambre des Lords et en ressortir, et obtenir vos règlements au mètre courant, si cela vous amuse, dit Wilton, en s’échauffant. Mais, grand Dieu, mon cher monsieur, je ne l’ai fait qu’une seule et unique fois !
— Nous n’avons jusqu’ici aucune garantie que vous ne recommencerez pas ; et, avec notre trafic, il nous faut, quand ce ne serait que pour nos voyageurs, exiger une garantie quelconque. Il importe que votre cas ne puisse servir de précédent. Tout cela eût été évité si vous nous eussiez adressés à votre représentant légal. »
L’homme de loi en appela autour de lui d’un regard circulaire. Un point, et c’était tout.
« Wilton, demandai-je, voulez-vous, maintenant, me laisser dire mon mot ?
— Tout ce que vous voulez, répondit Wilton. Il paraît que je ne sais pas parler anglais. En tout cas, pas de mur. »
Il se renversa dans son fauteuil.
« Messieurs, dis-je lentement, car j’observai que le médecin aurait de la peine à revenir sur son opinion, Mr. Sargent possède de très gros intérêts dans les principaux réseaux de chemins de fer de son pays.
— Son pays ? repartit l’homme de loi.
— A cet âge ? repartit le médecin.