— En plein jour — si quelqu’un vient avec nous, et, surtout, ne nous quitte pas.

— Je ne vous quitterai pas, et nous veillerons à ce que Jan Chinn ne monte plus à cheval. »

Les Bhils reprirent à grands cris les derniers mots qu’ils répétèrent et encore et encore.

Au point de vue de Chinn l’approche n’en fut qu’une ordinaire — une descente à travers les rochers fendus et creusés de cavernes, non sans danger, peut-être, si on ne se tenait pas sur l’œil, mais pas pire que vingt autres qu’il avait entreprises. Toutefois, ses hommes — ils refusèrent absolument de rabattre et ne voulurent que suivre la piste — dégouttaient de sueur à chaque mouvement. Ils montrèrent les marques d’énormes pattes qui couraient, toujours en descendant la montagne, jusqu’à quelques centaines de pieds au-dessous de la tombe de Jan Chinn, et disparaissaient dans un antre à l’étroite ouverture. C’était une route insolemment découverte, un grand chemin domestique, battu sans intention de le cacher.

— On dirait que le gueux paye loyer et contributions, murmura Chinn. »

Puis il demanda si c’était vers le bétail ou vers l’homme que ses goûts attiraient l’ami.

« Le bétail, lui fut-il répondu. Deux génisses la semaine. Nous les lui envoyons au pied de la montagne. C’est sa coutume. Si nous ne le faisions pas, il pourrait s’adresser à nous.

— Chantage[17] sous menace d’assassinat, dit Chinn. Je ne saurais dire que je me soucie d’aller le trouver dans la caverne. Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire ? »

Les Bhils se replièrent, tandis que Chinn se logeait derrière un rocher, en tenant prêt son fusil. Les tigres, il le savait, se montraient bêtes farouches, mais celui que depuis longtemps on nourrissait de bétail de si somptueuse manière pouvait se montrer d’une particulière audace.

« Il parle, murmura quelqu’un à l’arrière. Il devine, aussi.