ELLE (rêveuse). — A Shaifazehat ? Est-ce que la station va toujours ? C’était il y a des siècles et des siècles. Elle doit tomber en ruines. Tout… en ruines, tout sauf la route d’Amirtollah. Je ne crois pas que celle-là puisse crouler, jusqu’au Jugement Dernier.
LUI. — Vous croyez ? Qu’est-ce qu’il y a, maintenant ?
ELLE. — Je ne saurais dire. Comme il fait froid ! Dépêchons-nous.
LUI. — Il vaudrait mieux marcher. Arrêtez vos jhampanies et descendez. Qu’est-ce que vous avez, ce soir, ma chérie ?
ELLE. — Rien. Il faut vous accoutumer à mes façons. Si je vous ennuie, je peux rentrer. Voici que s’amène le capitaine Congleton. J’ose dire qu’il ne refusera pas de m’accompagner.
LUI. — Petite folle. Et entre nous encore ! Nom de Dieu de capitaine Congleton ! Là !
ELLE. — Parfait chevalier ! Est-ce votre habitude de jurer comme cela en parlant ? C’est quelque peu choquant, et de là à jurer après moi…!
LUI. — Mon ange ! Je ne savais pas ce que je disais, et vous avez changé d’idée si vite que je ne pouvais pas vous suivre. Je me couvrirai de poussière et de cendre.
ELLE. — Il y en aura bien assez plus tard… Bonsoir, capitaine ? En route déjà pour les quadrilles-chantants ? Quelles danses vous dois-je pour la semaine prochaine ? Non ! Vous devez les avoir inscrites de travers. Cinq et sept, voilà ce que j’ai dit. Si vous vous êtes trompé, tant pis pour vous ! Il vous faut apporter des modifications à votre programme. Adieu, capitaine.
LUI. — Je croyais vous avoir entendue dire que vous n’étiez guère sortie cette saison ?