Bouchon était en train de guetter la balle, là, dans la poussière, près de son sabot antérieur droit, tandis que Macnamara, le stick raccourci dans la main, la tapotait de temps à autre. Quant à Cendrillon, elle essayait de se faufiler hors de la mêlée, agitant d’un mouvement fébrile ce qui lui restait de queue.

« Hé ! Ils l’ont, hennit-elle. Faites-moi place ! »

Et elle partit au galop, droit comme balle de fusil, à la suite d’un grand poney efflanqué appartenant aux Archanges, et dont le cavalier brandissait son stick, prêt à donner le coup.

« Ce sera pour une autre fois », dit Hughes, comme le coup glissait le long de son stick levé.

Et Cendrillon, donnant de l’épaule contre le flanc du grand poney, le poussa de côté juste au moment où Lutyens sur Shiraz renvoyait la balle à l’endroit d’où elle était venue et où le grand poney s’éloignait sur la gauche, en glissant des quatre pieds. Cendrillon, voyant que Polaris avait rejoint Bouchon dans la poursuite de la balle du côté du goal, alla se camper à sa place, et c’est alors qu’on annonça la fin de la reprise.

Les poneys des Skidars ne perdirent de temps ni en ruades ni en esbrouffes. Ils savaient que chaque minute de repos se traduisait par autant de profit, et ils trottèrent dans la direction des barrières pour retrouver leurs saïs, lesquels aussitôt se mirent à les étriller, les couvrir et les masser.

« Pouah ! dit Bouchon, en se raidissant sous le gros racloir de vulcanite, pour ne rien perdre de son chatouillement. Si nous jouions poney pour poney, nous tomberions ces Archanges en une demi-heure. Mais on va en amener de frais, et encore de frais, et puis encore après cela… Vous comprenez ?

— Qu’est-ce que cela fiche ? répliqua Polaris. Nous avons la première manche… Est-ce que je n’ai pas le jarret qui enfle ?

— Il a l’air un brin bouffi, déclara Bouchon. Vous devez avoir reçu plutôt un pain, Ne le laissez pas se raidir. On va avoir encore besoin de vous dans une demi-heure.

— Que pensez-vous du terrain ? demanda le Chat Maltais.