— Le terrain est comme votre fer, sauf aux endroits où on a mis trop d’eau, repartit Cendrillon. Alors, il devient glissant. Ne jouez pas au centre. Il y a là un marais. Je ne sais pas comment leurs quatre nouveaux vont se conduire, mais nous avons empêché la balle de rouler, et les avons fait suer pour la peau. Qui est-ce qui sort ? Deux arabes et deux du pays ! Cela ne vaut rien. Comme c’est bon, de se gargariser ! »

Cendrillon causait, le goulot d’une bouteille à soda recouverte de cuir entre les dents, tout en essayant de regarder par-dessus son garrot. Et cela lui donnait un petit air fort coquet.

« Qu’est-ce qui ne vaut rien ? demanda Aube Grise, en se rétrécissant le ventre dans sa ventrière et en admirant ses épaules bien prises.

— Vous autres, arabes, ne pouvez galoper assez vite pour vous réchauffer… c’est ce que Cendrillon veut dire, déclara Polaris, en boitant pour montrer que son jarret demandait quelque attention. Est-ce que vous jouez « arrière », Aube Grise ?

— Cela m’en a tout l’air », répondit Aube Grise, comme Lutyens enjambait sa selle.

Powell monta le Lapin, un simple bai du pays, qui ressemblait beaucoup à Bouchon, mais avec des oreilles de mulet. Macnamara prit Faiz Ullah, un bon petit arabe roux, à dos court, et pourvu d’une longue queue ; et Hughes enfourcha Benami, vieille bête brune et maussade, sous elle du devant plus que ne doit l’être un poney de polo.

« Benami n’a pas l’air commode, dit Shiraz. Êtes-vous bien luné, Ben ? »

Le brave vétéran s’éloigna d’un pas raide sans répondre, et le Chat Maltais regarda les nouveaux poneys des Archanges en train de se pavaner sur le terrain. C’étaient quatre beaux poneys noirs, et ils semblaient, à leur allure, de taille à manger le team des Skidars et à s’éloigner au galop ce repas dans le ventre.

« Encore des œillères, dit le Chat Maltais. Bien, cela !

— Ce sont des chevaux de bataille — des chevaux de grosse cavalerie ! déclara Cendrillon d’un ton indigné. Ils ne retrouveront plus jamais leur « un mètre quarante ».