— Ils ont tous été bien et dûment mesurés, et sont tous pourvus de leurs certificats, repartit le Chat Maltais, sans quoi ils ne seraient pas ici. Ce qu’il faut, c’est accepter les choses telles qu’elles se présentent, et ne pas perdre la balle de vue. »

Le jeu reprit ; mais, cette fois, les Skidars se trouvèrent parqués dans leur propre camp, ce dont les poneys spectateurs ne conclurent rien de bon.

« Faiz Ullah est en train de faire le feignant, comme d’habitude, dit Polaris avec un hennissement de mépris.

— Aussi, Faiz Ullah trinque », repartit Bouchon.

On entendait la cravache de polo à boucle de cuir cingler le ventre arrondi du petit compère. Puis, le hennissement aigu de Lapin s’en vint jusqu’à eux à travers le terrain.

« Je ne peux pas faire toute la besogne, criait-il.

— Jouez. Ne parlez pas », hennit le Chat Maltais.

Et tous les poneys surexcités se tortillèrent, tandis que les soldats et les grooms empoignaient les barrières et se mettaient à hurler. Un poney noir muni d’œillères avait mis le grappin sur le vieux Benami, et s’efforçait par tous les moyens en son pouvoir de le gêner. On voyait Benami encenser et faire claquer sa lèvre supérieure.

« Attention à la culbute, dit Polaris. Benami commence à se fâcher. »

Le jeu ondoya de haut en bas, de goal à goal, et les poneys noirs prirent confiance en sentant qu’ils avaient de meilleures jambes que les autres. La balle sortit d’une petite mêlée, et Benami ainsi que le Lapin la suivirent, Faiz Ullah trop content d’avoir la paix un instant.