Lorsque arriva le matin, il était fort raide, mais très content de ses hauts faits.
—Maintenant, j’ai Nagaina à régler, et elle sera pire que cinq Nags; en outre, qui sait quand les œufs dont elle a parlé vont éclore... Bonté divine!... Il faut que j’aille voir Darzee—dit-il.
Sans attendre le déjeuner, Rikki-tikki courut au buisson épineux où Darzee, à pleine voix, chantait un chant de triomphe. La nouvelle de la mort de Nag avait fait le tour du jardin, car le balayeur avait jeté le corps sur le fumier.
—Oh, stupide touffe de plumes, dit Rikki-tikki avec colère. Est-ce le moment de chanter?
—Nag est mort... est mort... est mort! chanta Darzee. Le vaillant Rikki-tikki l’a pris par la tête et a tenu bon. L’homme a apporté le bâton qui fait boum, et Nag est tombé en deux morceaux! Il ne recommencera plus à manger mes bébés.
—Tout cela est assez vrai; mais où est Nagaina?—demanda Rikki-tikki, en regardant soigneusement autour de lui.
—Nagaina est venue au conduit de la salle de bain pour appeler Nag, continua Darzee; et Nag est sorti sur le bout d’un bâton... le balayeur l’a ramassé au bout d’un bâton, et l’a jeté sur le fumier!... Chantons le grand Rikki-tikki à l’œil rouge!
Et Darzee enfla son gosier et chanta.
—Si je pouvais atteindre à votre nid, je roulerais vos bébés dehors! dit Rikki-tikki. Vous ne savez pas faire les choses en leur temps. Vous êtes là dans votre nid, suffisamment en sécurité; mais ici, en bas, c’est pour moi la guerre. Arrêtez-vous pour une minute de chanter, Darzee.
—Pour l’amour du grand, du beau Rikki-tikki, je vais m’arrêter, répondit Darzee... Qu’y a-t-il, ô Tueur du terrible Nag?