—Parle donc, crièrent vingt voix.

—Tuer un petit nu est une honte. En outre, il pourra nous aider à chasser mieux quand il sera en âge. Baloo a parlé en sa faveur. Maintenant, à ce qu’a dit Baloo j’ajouterai l’offre d’un taureau, et bien gras, fraîchement tué, à un demi-mille d’ici à peine, si vous acceptez le petit d’homme, conformément à la Loi. Y a-t-il une difficulté?

Il s’éleva une clameur de voix disant par vingtaines:

—Qu’importe? Il mourra sous les pluies de l’hiver; il sera grillé par le soleil... Quel mal peut nous faire une grenouille nue?... Qu’il coure avec le clan!... Où est le taureau, Bagheera?... Qu’on l’accepte.

Et alors revint l’aboiement profond d’Akela.

—Regardez bien... regardez bien, ô loups.

Mowgli continuait à s’intéresser aux cailloux; il ne daigna prêter aucune attention aux loups qui vinrent un à un l’examiner.

A la fin, ils descendirent tous la colline, à la recherche du taureau mort, et seuls restèrent Akela, Bagheera, Baloo et les loups de Mowgli.

Shere Khan rugissait encore dans la nuit, car il était fort en colère que Mowgli ne lui eût pas été livré.

—Oui, tu peux rugir, dit Bagheera dans ses moustaches: car le temps viendra où cette petite chose nue te fera rugir sur un autre ton, ou je ne sais rien de l’homme.