—Tout cela est très beau, dit Billy, mais il ne suffit pas de donner à une chose un nom qui n’en finit pas pour y changer quoi que ce soit.
—Chut! dit le cheval de troupe. Je crois que je comprends ce que Double-Queue veut dire.
—Vous comprendrez mieux dans une minute, dit Double-Queue en colère. Pour le moment, expliquez-moi pourquoi vous n’aimez pas ceci!
Il commença à trompeter furieusement de toute sa force.
—Arrêtez! dirent ensemble Billy et le cheval de troupe.
Et je pus les entendre trépigner et trembler. Le trompettement d’un éléphant est toujours désagréable, spécialement dans la nuit noire.
—Je ne m’arrêterai pas, dit Double-Queue. Ne m’expliquerez-vous pas cela, s’il vous plaît? Hhrrmph! Rrrt! Rrrmph! Rrrhha!
Puis il s’arrêta tout à coup, et j’entendis dans l’obscurité une petite plainte qui m’apprit que Vixen m’avait enfin retrouvé. Elle savait aussi bien que moi que la chose au monde dont l’éléphant a le plus peur, c’est un petit chien qui aboie; aussi, elle s’arrêta pour persécuter Double-Queue dans ses piquets, et jappa autour de ses gros pieds. Double-Queue s’agita, et cria:
—Allez-vous-en, petit chien! Ne flairez pas mes chevilles, ou bien je vais vous donner un coup de pied. Bon petit chien... gentil petit chien... Là! là! Rentrez à la maison, vilaine petite bête jappante!... Oh, pourquoi personne ne l’enlève-t-il? Il va me mordre dans une minute.
—Paraît, dit Billy au cheval de troupe, que notre ami Double-Queue a peur à peu près de tout. A l’heure qu’il est, si on m’avait donné une pleine ration pour chaque chien auquel j’ai donné un coup de pied sur le champ de manœuvre, je serais presque aussi gros que Double-Queue.