Il se prit à penser à celle qui était restée à l’attendre; mais quoiqu’il eût hâte de rentrer à Novastoshnah, il explora complètement le nouveau pays, afin d’être en état de répondre à toutes les questions.
Puis il plongea, reconnut une fois pour toutes l’embouchure du tunnel, et l’enfila dans la direction du sud. Personne autre qu’une vache marine ou un phoque n’aurait soupçonné l’existence d’une telle retraite, et, en se retournant vers les falaises, Kotick lui-même doutait d’y avoir abordé jamais.
Il mit dix jours à rentrer, quoique sans perdre de temps en route; et, en prenant terre au-dessus de Sea Lion’s Neck, la première personne qu’il rencontra fut celle qu’il avait laissée à l’attendre. Elle comprit par le regard de ses yeux qu’enfin il avait trouvé son île.
Mais les holluschickies, Sea Catch son père lui-même, et tous les autres phoques se moquèrent de lui quand il leur conta ce qu’il avait découvert, et un jeune phoque d’à peu près son âge lui dit:
—Tout cela est bel et bon, Kotick, mais tu ne vas pas arriver du diable sait où pour nous y expédier à ta guise. Rappelle-toi que nous autres, nous venons de nous battre pour nos nurseries, ce que tu n’as jamais fait. Tu préfères vagabonder à travers la mer.
Les autres phoques éclatèrent de rire à ces paroles, et le jeune phoque se mit à hocher la tête de gauche et de droite. Il s’était marié cette année et en faisait beaucoup d’état.
—Pourquoi me battrais-je, puisque je n’ai pas de nursery, dit Kotick. Je veux seulement vous montrer un endroit où vous serez en sûreté. A quoi bon se battre?
—Oh! si tu te dérobes, bien entendu, je n’ai plus rien à dire, fit le jeune phoque avec un vilain ricanement.
—Viendras-tu avec moi, si j’ai le dessus? demanda Kotick.
Et une lueur verte lui traversa les yeux, car il était furieux d’avoir à se battre.