LE CAP. G. (à part). — Des yeux superbes ! Je m’étonne de ne les avoir jamais encore remarqués. (Haut.) Il doit y avoir un bal au palais vice-royal mercredi. Pouvez-vous me réserver une danse ?

MISS T. (brièvement). — Non ! Je n’ai pas besoin de vos danses par charité. Vous ne m’invitez que parce que maman vous a dit de le faire. Je saute et je bouscule. Vous le savez bien !

LE CAP. G. (à part). — C’est vrai, mais ce n’est pas aux petites filles à comprendre ces choses-là. (Haut.) Non, sur ma parole, je ne le sais pas. Vous dansez à merveille.

MISS T. — Alors pourquoi vous arrêtez-vous toujours après une demi-douzaine de tours ! Je croyais que dans l’armée les officiers ne contaient jamais de craques.

LE CAP. G. — Ce n’était pas une craque, croyez-moi. Je sollicite réellement le plaisir d’une danse avec vous.

MISS T. (avec malice). — Pourquoi ? Est-ce que maman ne veut plus danser avec vous ?

LE CAP. G. (plus vivement que ne le réclament les circonstances). — Je ne pensais pas à madame votre mère. (A part.) Petite poison, va !

MISS T. (regardant toujours par la fenêtre). — Hein ? Oh, je vous demande pardon. Je pensais à autre chose.

LE CAP. G. (à part). — Eh bien ! je me demande ce qu’elle va pouvoir dire encore. Je n’ai jamais vu une femme me traiter de la sorte. Autant être — le diable m’emporte, — autant être sous-lieutenant d’infanterie. (Haut.) Oh ! je vous en prie. Je n’en vaux pas la peine. Madame votre mère n’est-elle pas encore prête ?

MISS T. — Je pense que oui ; mais promettez-moi, capitaine Gadsby, que vous ne ferez plus faire deux fois de suite le tour du Jakko à ma pauvre chère maman. Cela la fatigue tant !