MISS T. (à part). — Je ne l’ai pas croisé plus de cinquante fois. (Haut.) Presque tous les jours.

LE CAP. G. — Sapristi ! Je ne savais pas cela. Ha-hmmm ! (Il tire sur sa moustache et reste silencieux l’espace de quarante secondes.)

MISS T. (éperdument, et se demandant ce qui va arriver). — Elle est très bien. A votre place je n’y toucherais pas. (A part.) C’est la faute à maman qui n’est pas venue plus tôt. Je vais être grossière !

LE CAP. G. (se bronzant sous le hâle, et ramenant sa main très promptement). — Hein ! Quo-oi ! Oh, oui ! Ha ! ha ! (Il rit d’un air gêné.) (A part.) Ah ! bien, elle en a un sacré toupet ! Je n’ai jamais encore vu une femme me dire cela. Ce doit être une mâtine, sans quoi… Ah ! cette dînette !

VOIX SORTANT DE L’INCONNU. — Tchk ! tchk ! tchk !

LE CAP. G. — Bonté divine ! Qu’est-ce que c’est que cela ?

MISS T. — Le chien, je crois. (A part.) Emma écoutait, et je ne le lui pardonnerai jamais !

LE CAP. G. (à part). — Ils n’ont pas de chien. (Haut.) On n’eût pas dit un chien, n’est-ce pas ?

MISS T. — Alors, ce devait être le chat. Allons dans la verandah. Quel délicieux après-midi !

Elle pénètre dans la verandah et regarde au loin dans les montagnes en plein soleil couchant. Le capitaine suit.