LE CAP. G. — Je l’ai fait, mais il ne semble pas que j’en sois plus habile pour cela. Et vous ?

MISS T. — Je n’ai jamais passé l’examen. Mais le khansamah est très patient avec moi. Il ne se fâche pas quand je parle de topees (chapeaux) de mouton, alors que je veux dire des têtes, ou que je commande des maunds (tonnes) de grain, alors que je veux dire des livres.

LE CAP. G. (à part, avec une forte indignation). — Je voudrais voir Mir Khan se montrer grossier vis-à-vis de cette petite ! Allons, allons ! ne nous emballons pas. (Haut.) Et vous y entendez-vous aussi pour ce qui est des chevaux ?

MISS T. — Un peu… pas beaucoup. Je ne sais pas les médicamenter, mais je sais ce qu’il faut qu’ils mangent, et c’est moi qui suis chargée de l’écurie.

LE CAP. G. — Vraiment ! Vous pourriez m’aider, alors. Qu’est-ce qu’on doit donner à son saïs[2], dans les montagnes ? Mon brigand dit huit roupies parce que tout est si cher.

[2] Palefrenier.

MISS T. — Six roupies par mois, et une roupie de supplément à Simla… Ni plus ni moins. Et un coupeur d’herbe gagne six roupies, cela vaut mieux que d’acheter l’herbe au bazar.

LE CAP. G. (avec admiration). — Comment savez-vous ?

MISS T. — J’ai essayé l’un et l’autre.

LE CAP. G. — Vous montez donc beaucoup à cheval ? Je ne vous ai jamais vue sur le Mall ?