M. — Dit-elle qu’elle n’aime pas l’Inde ?

G. — C’est là le pire. Elle n’en soufflerait mot de peur d’avoir à me quitter.

M. — Pour quoi les montagnes sont-elles faites ?

G. — Pas pour ma femme à moi, en tout cas.

M. — Tu en sais trop, Gaddy, et… je ne t’en aime pas mieux pour cela !

G. — Que m’importe ? Il lui faut l’Angleterre, et le butcha n’en irait que mieux. Je vais tout lâcher. Tu ne comprends pas ?

M. (chaudement). — Je comprends ceci : cent trente-sept jeunes chevaux à peaufiner de façon quelconque avant que Luck revienne par ici ; des recrues qui ont un poil dans la main et qui nous causeront plus de turbin que les chevaux ; le camp comme certitude dès la première saison froide ; nous-mêmes les premiers à mobiliser ; le pétard russe prêt à éclater en cinq minutes, et toi, le meilleur de nous tous, te retirant de tout ! Réfléchis un peu, Gaddy. Tu ne vas pas faire cela.

G. — Mais, sacrebleu, un homme a des devoirs vis-à-vis de sa famille, je suppose.

M. — Je me rappelle un homme, cependant qui m’a dit, la nuit après Amdhéran, alors que nous étions à la corde sous le Jagai, et qu’il avait laissé son sabre — en passant, l’as-tu jamais payé à Ranken[34], ce sabre ? — dans la tête d’un Utmanzai… qui m’a dit qu’il ne me lâcherait jamais, ni moi ni les Roses, tant qu’il vivrait. Je ne le blâme pas de me lâcher, moi — je ne vaux pas les quatre fers d’un chien — mais je le blâme de lâcher les Hussards Roses.

[34] Ranken, le grand fabricant de sabres, à Londres.