LE CAP. G. — Que ne l’ai-je fait ! Cela eût mis fin à cette affaire.

MRS. H. — Oh ! non, cela n’eût mis fin à rien du tout… Ainsi, monsieur allait devenir vertueux et blasé, n’est-ce pas ? Venir me dire : « J’ai assez de vous. L’incident est clo-os. » Je devrais être fière d’avoir gardé un homme pareil si longtemps.

LE CAP. G. (à part). — Il ne me reste qu’à prier pour que le dîner finisse. (Haut.) Vous savez ce que je pense de moi-même.

MRS. H. — Comme c’est la seule personne du monde à laquelle jamais vous pensiez, et comme je vous connais jusqu’au fond de l’âme, oui, je le sais. Vous voulez qu’on n’en parle plus et… Oh ! je ne peux pas vous en empêcher ! Et vous allez — pensez-y, Pip — me mettre au rancart pour une autre femme. Et vous aviez juré que toutes les autres femmes étaient… Pip, mon Pip ! Elle ne peut se soucier de vous comme je fais. Croyez-moi, elle ne le peut ! Est-ce quelqu’un que je connais ?

LE CAP. G. — Dieu merci, non ! (A part.) Je m’attendais à un cyclone, mais pas à un tremblement de terre.

MRS. H. — Elle ne le peut ! Y a-t-il quelque chose que je ne ferais pas pour vous… ou que je n’aie fait ? Et penser que je me donne ce mal à votre sujet, sachant ce que vous êtes ! M’en méprisez-vous ?

LE CAP. G. (se passant la serviette sur la bouche pour dissimuler un sourire). — Encore ? C’est entièrement une œuvre de charité de votre part.

MRS. H. — Ahhh ! Mais je n’ai aucun droit à me formaliser… Est-elle mieux que moi ? Qui est-ce qui disait…?

LE CAP. G. — Non… pas cela !

MRS. H. — Je serai plus compatissante que vous. Ne savez-vous pas que toutes les femmes sont pareilles ?