LE CAP. M. — Pauvre vieux Gaddy ! J’en ai vu déjà quelques-uns lancés dans le vide, mais jamais aucun marcher au gibet dans ces conditions-là. On ne peut jamais dire comment ils vont prendre cela. Ce sont les pur-sang qui suent au reculer dans l’attelage à deux… Et c’est là l’homme qui a traversé les pièces à la charge à Amdhéran, comme un enragé. (Il se penche sur G.) Mais c’est pire que les pièces, vieux copain… pire que les pièces, n’est-ce pas ? (G. se retourne dans son sommeil et M. lui effleure gauchement le front.) Pauvre, cher vieux Gaddy ! Qui s’en va comme les autres… qui s’en va comme les autres… L’ami qui vous est plus attaché qu’un frère… huit années. Sacrée petite garce de fille… huit semaines ! Et… où est votre ami ? (Il fume inconsolablement jusqu’à ce que l’horloge de l’église sonne trois heures.)

LE CAP. M. — Debout ! Allons, équipe-toi !

LE CAP. G. — Déjà ? N’est-ce pas trop tôt ? N’aurais-je pas dû me raser de frais ?

LE CAP. M. — Non ! Tu es très bien comme cela. (A part.) Il se mettrait le menton en pièces.

LE CAP. G. — Pourquoi se presser ?

LE CAP. M. — Il faut que tu sois là le premier.

LE CAP. G. — Pour servir de point de mire ?

LE CAP. M. — Justement. Tu fais partie du spectacle. Où est le tripoli ? Tes éperons sont dans un état honteux.

LE CAP. G. (d’un ton bourru). — Jack, jamais tu ne feras cela pour moi ?

LE CAP. M. (d’un ton plus bourru). — Ferme cela et habille-toi ! S’il me plaît de nettoyer tes éperons, tu es sous mes ordres.