LE CAP. G. — Comment eussé-je pu m’en empêcher ? Vous étiez vous, vous savez.
MRS. G. — Est-ce que vous avez jamais senti le besoin de vous en empêcher ? Dites la vérité !
LE CAP. G. (l’œil malicieux). — Oui, chérie, tout au commencement, mais seulement au commencement. (Il rit tout bas.) Je vous appelais — penchez-vous tout près et je vais vous le dire à l’oreille — « une petite bécasse ». Ho ! ho ! ho !
MRS. G. (le prenant par la moustache et le forçant à s’asseoir sur son séant). — « Une… petite… bécasse ! » Voulez-vous bien ne pas rire de votre crime ! Et encore vous avez eu le… le… l’affreux toupet de demander ma main !
LE CAP. G. — J’avais alors changé d’avis. Et vous n’étiez plus une petite bécasse.
MRS. G. — Merci, monsieur ! Et quand l’ai-je été jamais ?
LE CAP. G. — Jamais ! Mais ce premier jour où vous m’avez donné du thé sous cette petite robe de mousseline couleur fleur de pêcher, vous aviez l’air — vous aviez vraiment l’air, ma chère amie — d’un si absurde petit moucheron. Et je ne savais que vous dire.
MRS. G. (tordant la moustache). — Ainsi, vous avez dit « petite bécasse ». Sur ma parole, monsieur, moi, je vous ai appelé « ce grrrrand animal-là » ; mais je regrette de ne pas vous avoir appelé quelque chose de pire.
LE CAP. G. (très humblement). — Je m’excuse, mais vous me faites affreusement mal. (Intermède.) Vous avez toute permission de me torturer encore aux mêmes conditions.
MRS. G. — Oh ! pourquoi me l’avez-vous laissé faire ?