MRS. G. — Serez-vous très fâché ? Cette… cette voix, et ce que vous avez dit à propos de l’engagement…

LE CAP. G. — Mais c’est vous qui avez demandé qu’on vous le raconte, chérie.

MRS. G. — Et c’est pourquoi vous n’auriez pas dû me le raconter ! Vous devez être le juge, et, oh ! Pip, malgré tout mon amour pour vous, je ne serai jamais capable de vous aider ! Je ne ferai que vous empêcher, et il vous faut juger en dépit de moi !

LE CAP. G. (d’un air méditatif). — Nous avons un grand nombre de choses à découvrir ensemble, Dieu nous vienne en aide à tous deux — répétez-le, chaton — mais nous nous comprendrons l’un l’autre de mieux en mieux chaque jour ; et je crois que je commence à voir, maintenant. Comment, diable, êtes-vous arrivée à savoir l’importance au juste qu’il y avait à me donner justement cette inspiration-là ?

MRS. G. — Je vous ai dit que je ne sais pas. Seulement, de manière ou d’autre, il semblait que, dans toute cette nouvelle vie, j’étais guidée pour votre salut aussi bien que pour le mien.

LE CAP. G. (à part). — Alors, Mafflin avait raison ! Elles savent, et nous… nous sommes aveugles… tous. (Gaiement.) Il me semble que nous perdons un peu pied, ma chère amie, ne trouvez-vous pas ? Je me rappellerai, et si je viens à faillir, puissé-je être châtié comme je le mérite.

MRS. G. — Il n’y aura pas de châtiment. C’est d’ici que nous allons faire voile pour la vie… vous et moi… et personne autre.

LE CAP. G. — Et personne autre. (Une pause.) Vous avez les cils tout mouillés, ma jolie ! Vit-on jamais si absurde petite fille ?

MRS. G. — Entendit-on jamais dire de telles bêtises ?

LE CAP. G. (secouant les cendres de sa pipe). — Ce n’est pas ce que nous disons, c’est ce que nous ne disons pas, qui est utile. Et tout ce que nous avons dit est profonde philosophie. Mais personne ne comprendrait… même si on le mettait dans un livre.