« — Voilà bien ma curiosité, repris-je.
« — Ah oui, Dandie est affligé de la même maladie. Dandie, lutte donc contre la curiosité, car elle fait tomber les petits chiens dans les pièges et autres choses semblables. Où était le Kite quand ce courrier peinturluré a emmené les gens du Grotkau ?
« — Dans les mêmes parages, dis-je.
« — Et lequel de vous deux a songé à masquer vos feux ? dit-il en clignant de l’œil.
« — Dandie, fis-je en m’adressant au chien, nous devons tous les deux lutter contre la curiosité. C’est une chose qui ne profite pas. Quelle est notre part de sauvetage, Dandie ?
« MacRimmon riait à s’étouffer. Il reprit :
« — Prenez ce que je vous donnerai, MacPhee, et contentez-vous-en. Seigneur, comme on perd du temps quand on devient vieux ! Allez à bord du Kite, mon ami, le plus tôt possible. J’oubliais complètement qu’il y a un affrètement de Baltique qui vous attend à Londres. Ce sera votre dernier voyage, je pense, sauf pour votre plaisir.
« Les hommes de Steiner arrivaient à bord pour prendre la manœuvre du bateau et l’emmener à quai. En me rendant au Kite je dépassai un canot où était le jeune Steiner. Il baissa le nez ; mais MacRimmon me lance :
« — Voici celui à qui vous devez le Grotkau… à bon compte, Steiner… à bon compte. Permettez-moi de vous présenter M. MacPhee. Vous l’avez peut-être déjà rencontré ; mais vous n’avez pas de veine en ce qui est de garder vos gens… à terre ou sur mer.
« A voir la colère du jeune Steiner, on aurait cru qu’il allait manger MacRimmon, lequel ricanait et sifflait de son vieux gosier aride.