Ils furent lancés contre un ennemi fictif, portés en avant, ramenés en arrière, mis à pied, et «maniés scientifiquement» de toutes les façons possibles, dans un pays plein de poussière, où ils suèrent abondamment.
Le seul moment de distraction qu'ils eurent, ce fut le soir, lorsqu'ils tombèrent sur la batterie d'artillerie montée qu'ils chassèrent pendant deux milles.
Cela, c'était une affaire personnelle.
Beaucoup d'hommes avaient engagé des paris sur le résultat, les artilleurs prétendant qu'ils avaient d'aussi bonnes jambes que les Hussards blancs.
Ils avaient tort.
Une marche forcée termina la manœuvre, et, quand le régiment regagna ses lignes, tous les hommes étaient couverts de boue depuis les éperons jusqu'aux jugulaires.
Les Hussards blancs possèdent un grand privilège qui leur est propre, et qu'ils ont gagné à Fontenoy, je crois.
Bon nombre de régiments ont des droits spéciaux, par exemple celui de porter un col en petite tenue, ou un nœud de rubans entre les épaules, ou des roses rouges ou blanches au casque, à certains jours de l'année.
Certains de ces droits se rapportent aux saints qui sont les patrons des régiments, ou bien à des exploits régimentaires.
Tous ces privilèges sont hautement appréciés, mais il n'en est aucun qui soit plus envié que celui qu'ont les Hussards blancs de mener boire leurs chevaux dans le camp, au son de la fanfare.