On eût dit que le sergent-musicien le reconnaissait, car il se mit à rire en dessous, à étouffer.
—Faut-il l'emporter, mon colonel? demanda le sergent-musicien.
—Oui, emportez-le au diable, et allez-y tous!
Le sergent-musicien salua, ramassa le squelette, le mit en travers de sa selle et partit vers les écuries.
Alors le colonel commença à demander où était le reste du régiment, se servant pour cela d'un langage singulier.
Il disloquerait le régiment… il ferait passer tout le monde en conseil de guerre… il ne commanderait jamais une cohue pareille, etc., etc.
A mesure que les hommes reparaissaient, son langage devenait plus furieux, si bien qu'il finit par dépasser les limites extrêmes de la liberté qu'on accorde à un colonel de cavalerie.
Martyn prit Hogan-Yale à part et lui suggéra que, dans le cas où tout viendrait à se découvrir, il serait forcé de démissionner.
Martyn était le plus faible des deux.
Hogan-Yale fronça les sourcils, et fit observer, tout d'abord, qu'il était le fils d'un lord, et, en second lieu, qu'il était aussi innocent que l'enfant qui vient de naître.