Le surlendemain, il y eut une manœuvre dirigée par le commandant en second. Le colonel harangua vigoureusement les Hussards blancs.

Il dit, en substance, que le cheval-tambour s'étant montré, malgré son grand âge, capable de mettre en fuite tout le régiment, il reprendrait son poste d'honneur à la tête de la fanfare, mais que le régiment n'était qu'une bande de brigands dépourvus de conscience.

Les Hussards blancs applaudirent par de grands cris, en lançant en l'air tout ce qu'ils avaient sous la main, et, quand la manœuvre fut finie, ils crièrent: «Vive le colonel» jusqu'à extinction de voix.

Quant au lieutenant Hogan-Yale, qui souriait d'un air bénin, au dernier rang, il n'eut aucune part des applaudissements.

Le commandant en second dit au colonel, d'un ton qui n'était pas officiel:

—Ces petites choses-là assurent la popularité, et ne portent pas la moindre atteinte à la discipline.

—Mais j'ai rétracté mon ordre! répliqua le colonel.

—Peu importe! dit le commandant en second. Les Hussards blancs vous suivront partout désormais. Les régiments sont tout comme les femmes. Ils font n'importe quoi pour des babioles.

Une semaine après, Hogan reçut une lettre extraordinaire de quelqu'un qui signait: «Secrétaire, société Charité et Zèle, 3709, E-C», dans laquelle on le priait «de restituer notre squelette, qui, comme nous avons des raisons de le croire, est en votre possession».

—Quel est donc ce maniaque qui fait le commerce des os? demanda Hogan.