Comme il le dit un soir:
—Il peut prouver tout ce qu'il voudra par des témoignages de domestiques; moi, je n'ai que ma parole.
C'était environ un mois avant la date de l'affaire et nous ne pouvions pas faire grand'chose, si ce n'est de nous ranger du côté de Biel.
La seule chose dont nous étions certains, c'était que les dépositions des indigènes seraient assez méchantes pour ternir la réputation de Biel jusqu'à la fin de sa carrière; car un indigène, quand il commet un faux témoignage, ne s'arrête pas à mi-chemin; il ne bronche sur aucun détail.
Un homme heureusement inspiré, qui se trouvait au bout de la table où l'on causait de la chose, dit:
—Tenez, je ne crois pas que les hommes de loi soient bons à grand'chose. Télégraphiez donc à Strickland[36] pour le prier de descendre ici et de nous tirer d'affaire.
[36] Voir la nouvelle intitulée: Le Saïs de Miss Youghal, dans les Simples Contes des Collines.
Strickland était à environ cent quatre-vingts milles plus haut, sur la ligne.
Il avait épousé depuis peu miss Youghal, mais il flaira dans la dépêche une chance de reprendre contact avec son ancien emploi de détective, dans lequel il se délectait.
Il arriva dès le lendemain soir et se fit raconter notre histoire.