[38] Domestique qui sert à table.

Alors, il murmura à l'oreille de celui-ci une bénédiction de fakir et lui demanda de quelle façon était morte sa seconde femme.

L'homme se retourna brusquement, et se voyant face à face avec Estreeken Sahib, sa figure s'allongea.

Vous devez vous rappeler qu'avant son mariage, Strickland était, comme je vous l'ai conté, un personnage considérable parmi les indigènes.

Strickland lança à demi-voix un juron populaire en langue courante, pour bien faire voir qu'il était au courant de tout ce qui se passait, et il se rendit au tribunal armé d'un fouet d'entraîneur en nerf de bœuf.

Le mahométan était le premier témoin, et Strickland, placé derrière la cour, le dominait du regard.

L'homme humecta ses lèvres avec sa langue, et, dans la terreur abjecte que lui inspirait Estreeken Sahib le fakir, il rétracta un à un tous les détails de sa déposition, disant qu'il était un pauvre diable et prenant Dieu à témoin qu'il avait oublié tout ce que Bronckhorst Sahib lui avait recommandé de dire.

Et il s'affaissa en larmoyant sous la triple influence de la peur que lui inspiraient Strickland, le juge et Bronckhorst.

Alors la panique se mit parmi les témoins.

Janki, l'ayah, minaudant chastement derrière son voile, devint livide, et le porteur disparut de la cour. Il dit que sa maman était mourante, et qu'il ne faisait pas bon de prodiguer des mensonges en présence d'Estreeken Sahib.