Et de ces trois casse-tête, le mien est le plus difficile à résoudre.
VENUS ANNO DOMINI
Et les années se succédèrent, comme c'est le devoir des années; mais notre grande Diane était toujours nouvelle, fraîche, comme en fleur, et blonde, et blanche, avec des yeux azurés, avec une chevelure dorée; et tous, les venants et les partants, lui offraient l'hommage de leurs éloges autant qu'elle le désirait.
(Diane d'Éphèse.)
Elle n'a rien de commun avec le no 18 qui se trouve dans le Braccio Nuovo du Vatican, entre la Cérès de Visconti et le Dieu du Nil.
C'était une divinité exclusivement hindoue,—une divinité anglo-hindoue, cela s'entend,—et nous l'appelions la Venus Anno Domini.
D'après une légende qui avait cours dans le Haut-Pays, elle avait jadis été jeune, mais il n'y avait pas d'homme vivant qui pût venir déclarer hardiment que la légende était vraie.
Des gens arrivaient à cheval à Simla, s'en retournaient, se faisaient une réputation, accomplissaient la tâche de leur vie, et revenaient, pour trouver la Venus Anno Domini exactement telle qu'ils l'avaient laissée.
Elle était aussi immuable que les collines, pas tout à fait aussi verte, pourtant.
Tout ce que peut se permettre une jeune fille de dix-huit ans en fait d'équitation, de marche, de danse, de déjeuners sur l'herbe, en un mot d'exercice exagéré, la Venus Anno Domini le faisait, sans jamais laisser voir de fatigue, ni trahir d'ennui.
Outre le don de l'éternelle jeunesse, elle avait découvert, à ce que prétendaient les hommes, le secret de l'éternelle santé, et sa renommée s'était répandue au loin dans le pays.