Toutes ces histoires sur la façon dont il est venu dans l'Inde sont fausses.

Il a été fabriqué, il y a des siècles, à Pooree. L'histoire de cette fabrication remplirait à elle seule un petit volume. Il fut volé par une des jeunes danseuses du temple de cet endroit, qui en avait besoin pour son usage particulier.

Alors il passa de main en main, toujours dans la direction du nord, jusqu'à ce qu'il arrivât à Han-lé, gardant toujours le nom de Bisara de Pooree.

Sa forme était celle d'une toute petite boîte carrée en argent, où huit rubis balais étaient incrustés extérieurement.

La boîte, s'ouvrant au moyen d'un ressort, laisse voir un petit poisson sans yeux, taillé dans je ne sais quelle matière ligneuse d'une couleur sombre, polie, et enveloppé dans un morceau de drap d'or fané.

Tel est le Bisara de Pooree, et il vaudrait mieux prendre dans la main le roi des cobras que de toucher au Bisara de Pooree.

Tous les genres de magie sont démodés, finis, excepté dans l'Inde, où rien ne change en dépit de la luisante pellicule toute superficielle que nous appelons civilisation.

Le premier venu, à qui vous demanderez quelles sont les vertus du Bisara de Pooree, vous les indiquera,—toujours en supposant qu'il ait été volé pour tout de bon.

C'est le seul charme amoureux, d'un effet régulier, infaillible, qui existe dans le pays, à une exception près.

(L'autre charme est entre les mains d'un simple soldat de la cavalerie du Nizam, dans un endroit nommé Tuprani, au nord de Hyderabad.)