On le retourna. On épingla à ses épaules les pans de son habit de soirée, et on y mit une rosette en papier faite avec des papillottes de côtelette.
On prit le drap rouge qui allait de la salle de bal à la salle du souper, et on l'enroula autour de lui. Cela faisait soixante pieds d'étoffe rouge, sur six de large, et on le roula en un gros paquet, d'où émergeait seule sa drôle de tête.
Enfin, on ficela ce qui restait d'étoffe au-dessous de ses pieds, avec des cordes en fibre de cocotier qu'on serra autant qu'on put.
Nous étions si furieux que c'est à peine si nous avons ri.
Au moment même où nous finissions, nous entendîmes le roulement de chars à bœufs, qui venaient reprendre des chaises et d'autres objets prêtés pour le bal par la femme du général.
En conséquence, nous hissâmes Jevon, comme s'il eût été un rouleau de tapis, sur un des chars, et ceux-ci repartirent.
Ce qu'il y a de plus extraordinaire dans cette histoire, c'est que je n'ai jamais revu Jevon, gentleman à titre temporaire, ni entendu parler de lui.
Il s'éclipsa soudain.
Il ne fut pas déposé chez le général avec les tapis. Il disparut dans les noires ténèbres de la nuit finissante, et il fut englouti. Peut-être bien qu'il mourut et fut jeté à la rivière.
Mais mort ou vif, je me demande comment il se débarrassa de l'étoffe rouge et de la crème de meringues.