Pendant ce temps, nous nous formâmes en tribunal, en donnant la présidence au docteur.

Jevon fit son entrée sur les épaules de quatre hommes, et fut étendu sur la table, tel un cadavre sur une table à dissection, où il ronfla pendant que le docteur faisait un discours sur les inconvénients de l'intempérance.

Puis, on se mit à la besogne.

On lui noircit toute la figure avec du bouchon brûlé. On lui couvrit toute la chevelure de crème de meringues, tellement qu'elle ressemblait à une perruque blanche.

Afin que tout cela restât en état jusqu'à siccité, un officier d'artillerie, qui s'y entendait, enduisit de crème de meringues un grand bonnet de papier bleu, provenant d'un pétard, et le fit descendre très bas sur le front.

Il s'agissait d'une punition, non point d'un divertissement, ne l'oubliez pas.

On sortit de la gélatine des pétards et on lui barbouilla le nez avec de la gélatine bleue, le menton avec de la jaune, les joues avec de la verte, en appuyant sur chaque couleur jusqu'à ce qu'elle adhérât aussi solidement que la peau employée par les batteurs d'or.

On lui mit autour du cou une collerette découpée d'un jambon, et on y fit un nœud par devant.

Il dodelinait de la tête comme un mandarin.

On colla de la gélatine sur le dos de ses mains, dont la paume fut barbouillée avec du bouchon brûlé. On lui mit, autour des poignets, des collerettes à côtelettes. Puis on lui attacha les poignets ensemble. On cira avec de la colle les pointes de sa moustache. Il avait l'air tout à fait martial.