«—Silence, vous autres! dit le lieutenant de sa voix menue.

«Alors nous continuons à nager dans la nuit noire, la poitrine sur nos bûches, pleins de confiance dans les saints et dans la bonne chance de l'armée britannique.

«Quelque temps après, nous reprenons pied. C'est un petit banc de sable, sur lequel il y a un homme. Je mets mon talon sur son dos, il pousse un cri et s'échappe.

«—Maintenant nous voilà propres, dit le lieutenant Brazenose. Où diable est Lungtungpen?

«Il fallut attendre à peu près une minute et demie.

«Les camarades reprirent leurs carabines, et quelques-uns tâchèrent de mettre leurs ceinturons. Naturellement, nous avancions baïonnette au canon.

«Alors, nous vîmes très bien où était Lungtungpen, car nous nous trouvâmes tout à coup devant la muraille dans l'obscurité, et toute la ville était hérissée de leurs sacrés sniders, comme la fourrure d'un chat pendant une nuit de gelée.

«On tirait de tous les côtés à la fois, mais ça passait par-dessus nos têtes, dans l'eau.

«—Avez-vous tous vos carabines? dit Brazenose.

«—Oui, répondit Ortheris, j'ai pris celle de ce voleur de Mulvaney, pour tout le prêt arriéré qu'il me doit; avec sa crosse qui n'en finit pas, elle me donne mal au cœur.