Dix secondes ne s'étaient pas écoulées, qu'Imam-Din était à la salle à manger.
Alors j'entendis des sanglots désespérés, et je retrouvai Imam-Din en train d'admonester le petit coupable, qui se faisait un mouchoir de presque toute sa chemise.
—Ce petit, dit Imam-Din d'un ton de juge, est un polisson, un gros polisson, et sa conduite mériterait la prison.
Nouveaux hurlements du coupable, suivis d'une longue tirade d'excuses que m'adresse Imam-Din.
—Dites au bébé que le sahib n'est pas fâché, répondis-je, et emmenez-le.
Imam-Din transmit mon pardon au coupable qui, maintenant, avait ramené toute sa chemise autour de son cou, à la façon d'une corde, et le hurlement s'atténua en un sanglot.
Tous deux gagnèrent la porte.
—Il se nomme Muhammad-Din, dit Imam-Din comme si le nom du coupable était un grief de plus; c'est un polisson.
Délivré de tout danger imminent, Muhammad-Din se tourna vers moi, entre les bras de son père, et dit gravement:
—T'est vrai, tahib, te ze m'appelle Muhammad-Din, mais ze suis pas un polisson, ze suis un homme.