Hannasyde n'était point aimable. Il avait je ne sais quoi de cru dans ses manières; et la brusquerie avec laquelle il aidait une dame à se mettre en selle, n'était guère propre à attirer vers lui le beau sexe, quand bien même il en eût recherché les faveurs; mais il n'y songeait point.

La blessure qu'il avait au cœur était encore à vif.

Ensuite il eut des ennuis.

Tous ceux qui vont à Simla connaissent la descente qui va du télégraphe aux bureaux des travaux publics.

Hannasyde flânait un matin sur la hauteur, entre deux visites, quand un pousse-pousse, passa à toute vitesse, et dans ce pousse-pousse se trouvait une jeune fille qui était le portrait vivant, très vivant, de celle qui l'avait rendu si agréablement malheureux.

Hannasyde s'appuya aux barrières, la respiration haletante.

Il voulut d'abord rattraper le véhicule, mais c'était impossible.

Aussi s'en alla-t-il avec des battements de sang dans les tempes.

Pour bien des raisons, il était impossible que la femme aperçue dans le pousse-pousse fût la jeune fille qu'il avait connue.

Ainsi qu'il l'apprit plus tard, c'était la femme d'un monsieur de Dindigul ou de Coimbatore, ou de je ne sais quel autre endroit perdu; elle était venue à Simla, tout au début de la saison, pour soigner sa santé. A la fin de la saison, elle retournerait à Dindigul, ou ailleurs, et selon toute probabilité, elle ne reviendrait jamais à Simla, son séjour de montagne étant plutôt Ootacamund.