Bon médecin, il n'avait jamais de discussion avec personne, pas même avec notre sous-commissaire, qui avait les manières d'un batelier et autant de tact qu'un cheval.

Il épousa une jeune personne aussi ronde, aussi endormie que lui.

C'était une miss Hillardyce, fille de cette chiffe molle d'Hillardyce, des Berars, qui épousa, par suite d'un malentendu, la fille de son chef. Mais cela, c'est une autre histoire.

Dans l'Inde, la lune de miel dure rarement plus d'une semaine, mais rien ne s'oppose à ce qu'un couple la fasse durer un an ou deux.

C'est un pays charmant pour deux époux qui sont tout entiers l'un à autre. Ils peuvent vivre dans une solitude absolue, que rien ne vient interrompre, et c'est justement ce que firent les Dumoise.

Ces deux petits êtres se retirèrent du monde après leur mariage, et ils furent fort heureux. Naturellement, il leur fallut donner quelques dîners de temps à autre, mais ils n'étendirent point pour cela leur cercle d'amis.

La station allait son train ordinaire, et les oubliait. C'est tout au plus si l'on disait parfois que Dumoise était le meilleur des hommes, bien qu'un peu terne.

Un chirurgien civil qui n'a jamais de disputes, est chose rare et qu'on apprécie en conséquence.

Peu de gens peuvent se donner le luxe de jouer au Robinson, en quelque lieu que ce soit, et moins qu'ailleurs dans l'Inde, où nous sommes en petit nombre et où nous dépendons beaucoup les uns des autres pour une foule de menus services.

Dumoise eut tort de s'isoler du monde pendant un an. Il reconnut son erreur quand une épidémie de fièvre typhoïde éclata dans la station, en pleine saison froide, et que sa femme fut atteinte.