Aussi, la saison qui suivit, se firent-ils chrétiens et portèrent-ils leur petit enfant à la mission pour le faire baptiser.
Le chapelain de Kotgarh lui donna le nom d'Elisabeth, qui se prononce «Lispeth» dans le pahari, dialecte des Collines.
Plus tard, le choléra sévit dans la vallée de Kotgarh. Il emporta Sonoo et Jadeh.
Lispeth devint, près de la femme de celui qui était alors chapelain de Kotgarh, à demi une servante, à demi une compagne.
Ceci se passait après le règne des missionnaires moraves, mais avant que Kotgarh eût tout à fait oublié son titre de «Maîtresse des Collines du Nord».
Le christianisme porta-t-il chance à Lispeth? Ou bien les dieux de son peuple auraient-ils fait autant pour elle en toute circonstance? Je l'ignore.
Le fait est qu'elle devint très jolie.
Quand une fille des Collines se mêle d'être jolie, elle vaut la peine qu'on fasse cinquante milles en terrain difficile pour la contempler.
Lispeth avait le visage d'une Grecque, un de ces visages comme on en peint si souvent et comme il est si rare d'en rencontrer.
Elle avait un teint pâle, couleur d'ivoire.