Il partit.

Comme il se laissait tomber par la fenêtre, elle lui baisa deux fois le front et il s'en retourna chez lui tout rêveur.

Une semaine, puis trois se passèrent, sans qu'il entendît parler de Bisesa.

Tréjago, trouvant que la rupture avait déjà trop duré, retourna pour la cinquième fois à la ruelle d'Amir Nath, espérant que ses coups frappés au grillage mobile amèneraient une réponse.

Il ne fut pas déçu.

La lune était nouvelle.

Un rayon de lumière tombait dans la ruelle d'Amir Nath et sur le grillage qu'on retira dès que Tréjago eut frappé. Du fond des ténèbres, Bisesa lui tendit ses bras qu'éclaira en plein le clair de lune:

Les deux mains avaient été tranchées aux poignets et les moignons étaient presque cicatrisés.

Puis, comme Bisesa penchait sa tête entre ses bras et sanglotait, quelqu'un qui se trouvait dans la chambre poussa un grognement pareil à celui d'une bête fauve, et une lame,—couteau, épée ou lance,—vola comme un trait vers le boorka de Tréjago.

Le coup manqua le corps, mais entama un des muscles de l'aine, blessure qui fit boiter Tréjago légèrement pendant toute sa vie.