Elle ne se promenait pas à la manière des dames anglaises qui s'en vont à un mille et demi de distance et se font ramener en voiture. Elle couvrait entre vingt et trente milles dans ses petites excursions hygiéniques, de droite et de gauche, entre Kotgarh et Narkunda.

Ce jour-là, elle revint à la nuit tombée, descendant la pente en casse-cou de Kotgarh, un lourd fardeau dans les bras.

La femme du chapelain somnolait dans le salon quand Lispeth entra toute haletante et exténuée sous le faix.

Elle déposa sa charge sur le canapé et dit simplement:

—Voilà mon mari! Je l'ai trouvé sur la route de Bagi. Il s'est blessé. Nous allons le soigner, et, quand il sera rétabli, votre mari nous unira.

C'était la première fois que Lispeth faisait allusion à ses intentions matrimoniales.

La femme du chapelain poussa un cri d'horreur.

Cependant, il fallait avant tout s'occuper de l'homme qui était étendu sur le canapé.

C'était un jeune Anglais, et sa tête avait été entamée jusqu'à l'os par quelque chose qui l'avait déchiquetée.

Lispeth raconta qu'elle l'avait trouvé en bas du Khud[2]. C'est pour cela qu'elle l'avait apporté à la maison. Il respirait difficilement et était sans connaissance.