Il voyageait dans l'Est, dit-il,—on ne parlait jamais de «globe-trotters» à cette époque où la flotte de la Peninsular and Oriental était encore dans son enfance,—et il était venu de Dehra Dun pour herboriser et chasser les papillons sur les collines de Simla.
Nul ne le connaissait à Simla. Nul ne savait rien à son sujet.
Il avait dû, croyait-il, tomber de la falaise, tandis qu'il s'efforçait de détacher une fougère sur un tronc d'arbre pourri, et ses coolies, après avoir volé ses bagages, s'étaient enfuis.
Il pensait redescendre à Simla quand il serait un peu plus fort. Il n'avait plus envie de se livrer à de nouvelles ascensions.
Il ne se hâta pourtant pas de partir. Il reprenait lentement ses forces.
Lispeth se refusa à recevoir les conseils du chapelain ou de sa femme. Cette dernière parla donc à l'Anglais et lui dit ce qu'il y avait dans le cœur de Lispeth.
Il rit beaucoup. Il trouva que c'était très joli, très romanesque, une parfaite idylle de l'Himalaya; mais, comme il était fiancé à une jeune fille en Angleterre, il se figurait qu'il ne pouvait rien en advenir. Certainement, il se conduirait avec discrétion. C'est ce qu'il fit.
Pourtant il trouva très amusant de causer avec Lispeth, de se promener avec Lispeth, de lui dire de gentilles choses, de lui donner des noms caressants tout le temps qu'il demeura là, à reprendre ses forces avant son départ.
Pour lui, tout cela ne signifiait rien. Pour Lispeth, cela voulait tout dire.
Elle fut très heureuse durant cette quinzaine, car elle avait trouvé un homme à aimer.