Sauvage de naissance, elle ne prenait nul soin de cacher ses sentiments, et cela amusait l'Anglais.

Quand il partit, Lispeth l'accompagna en haut de la colline jusqu'à Narkunda, toute bouleversée et très malheureuse.

La femme du chapelain, qui était bonne et qui détestait tout ce qui avait l'apparence du bruit ou du scandale,—et Lispeth échappait tout à fait à son influence,—avait prié l'Anglais de dire à Lispeth qu'il reviendrait l'épouser.

—Ce n'est qu'une enfant, voyez-vous, et au fond, je la crois païenne de cœur, disait la femme du chapelain.

Donc, tout le long de la montée, longue de douze milles, l'Anglais, le bras passé autour de la taille de Lispeth, assura la jeune fille qu'il reviendrait l'épouser.

Lispeth lui fit plusieurs fois répéter sa promesse.

Elle pleura, debout sur la crête de Narkunda, jusqu'à ce qu'elle l'eût perdu de vue sur le sentier de Muttioni.

Alors elle sécha ses larmes et revint à Kotgarh.

Elle dit à la femme du chapelain:

—Il reviendra m'épouser. Il est allé trouver ses parents pour le leur annoncer.