La femme du chapelain la consola et lui dit:

—Il reviendra.

Au bout, de deux mois, Lispeth devint impatiente et on lui dit que l'Anglais était allé au delà des mers, en Angleterre.

Elle savait où était l'Angleterre, parce qu'elle avait lu de petites géographies élémentaires, mais naturellement, en vraie fille des Collines, elle n'avait aucune idée de ce qu'était la mer.

Il y avait chez le chapelain un vieux jeu de patience du globe, avec lequel Lispeth avait joué quand elle n'était qu'une enfant.

Elle le dénicha; le soir, elle en assemblait les morceaux et pleurait tout bas en s'efforçant d'imaginer où était son Anglais.

Comme elle n'avait aucune idée ni des distances, ni des bateaux à vapeur, ses notions étaient un tant soit peu erronées. Eussent-elles été exactes, d'ailleurs, cela n'eût pas fait la moindre différence, car l'Anglais n'avait pas l'intention de revenir épouser une fille des Collines.

Il l'avait tout à fait oubliée, alors même qu'il chassait encore les papillons à Assam.

Plus tard, il écrivit un livre sur l'Orient: le nom de Lispeth n'y est même pas mentionné.

Au bout de trois mois, Lispeth se mit à faire tous les jours le pèlerinage de Narkunda pour voir si son Anglais venait le long de la route.