Cela la réconfortait, et la femme du chapelain, la voyant gaie, pensa qu'elle avait surmonté sa folie barbare et tout à fait indélicate.

Un peu plus tard, les promenades cessèrent de soutenir Lispeth qui devint de très méchante humeur.

La femme du chapelain crut le moment favorable pour lui faire connaître le véritable état des choses.

Elle lui dit que l'Anglais ne lui avait promis son amour que pour la faire tenir tranquille, qu'il n'avait jamais eu d'intention sérieuse et qu'il était «mal et inconvenant» de la part de Lispeth de songer à épouser un Anglais, un homme d'une essence supérieure, qui, en outre, était fiancé à une jeune fille de sa race.

Lispeth répliqua que tout cela était absolument impossible, parce qu'il lui avait dit qu'il l'aimait, et que la femme du chapelain lui avait, de ses propres lèvres, assuré que l'Anglais reviendrait.

—Comment avez-vous pu, lui et vous, ne pas dire la vérité? interrogea Lispeth.

—Nous avons parlé ainsi pour vous calmer, mon enfant, dit la femme du chapelain.

—Alors vous m'avez menti, vous et lui, conclut Lispeth.

La femme du chapelain baissa la tête et ne dit rien.

Lispeth aussi se tut un moment.